La parentalité numérique à l'épreuve du monde extérieur

Quelle que soit l’approche que l’on a choisi en matière d’écrans et de numérique, nos enfants sont tôt ou tard exposés à d’autres pratiques, d’autres usages, d’autres styles de parentalité numérique : au sein de la famille élargie, chez des amis, à l’école, lors de leurs activités sportives et périscolaires, etc.  

Numérique sa mère !
13 min ⋅ 29/05/2025

Parfois, c’est une approche plus stricte et restrictive que la sienne - là pas de souci, ça permet même de leur glisser avec un peu d’humour que, finalement, ils ne sont peut-être pas si mal lotis. Mais parfois, c’est dans le sens inverse, il n’y a pas ou peu de limites que ce soit en matière de temps, d’usages et de supports.

« A Rome, fais comme les romains » : pas si simple en fait

J’ai toujours expliqué à mes enfants que, chez nous, ce sont nos règles qui s’appliquent et quand ils vont chez les autres, ils peuvent y suivre les règles en vigueur car chaque famille a son propre cadre et fait ses propres choix.

Le dicton « A Rome, fais comme les romains » (que j’ai découvert récemment dans la newsletter Darons Daronnes) résume parfaitement la position que j’ai toujours choisie d’adopter.

Qu’ils passent un après-midi entier à jouer à des jeux vidéos sur la Nintendo chez un copain alors que, chez nous, il y a une limite de temps, c’est ok.

Que l’enseignante de maternelle leur mette une vidéo récréative (en l’occurrence Peppa Pig quand nous vivions en Angleterre) d’une dizaine de minutes chaque jour juste avant la fin de la journée, c’est ok même si je ne suis pas complètement convaincue.

Mais si je gratte un peu, je me rends compte que c’est loin d’être aussi simple... Tout n’est pas toujours ok pour moi et il y a, dans mon esprit, bien plus d’exceptions que je ne le pensais initialement.

Des attentes différentes selon les personnes et les institutions

En réalité, j’ai envers certaines personnes et institutions des attentes en matière d’écrans et de numérique que je n’ai pas avec d’autres.

Commençons par les grands-parents. Même si j’ai toujours pensé être plutôt cool et flexible, il faut bien avouer que j’ai toujours implicitement aspiré à ce qu’ils respectent un minimum mes principes éducatifs et ne viennent pas faire l’exact inverse de ce que je fais à la maison. Alors quand ma fille (qui avait 3 ans à l’époque) m’avait un jour expliqué avec beaucoup d’enthousiasme, après une journée chez mes beaux-parents, qu’elle avait vu seule Mary Poppins ET Cars en entier dans l’après-midi pendant que ses grands-parents faisaient d’autres activités, je n’étais pas ravie… Parce que ça fait quand même 3 bonnes heures de télé soit la moitié de la journée passée avec eux alors qu’ils avaient lourdement insisté pour la garder car ils ne partageaient pas assez de temps avec elle. Et alors qu’ils avaient bien pris soin de documenter heure par heure leur journée à coup de vidéos et photos sur WhatsApp alors que je ne leur avais rien demandé, ils avaient étonnamment omis d’évoquer, ne serait-ce qu’en une phrase, ce petit épisode de 3h.

Viennent ensuite les personnes que je rémunère en échange d’un service qui n’a, en principe, rien à voir avec les écrans : Certaines baby-sitters à qui vous avez dit Ok pour 30 minutes/1h max de temps d’écran et qui les laissent en réalité des heures devant pour avoir la paix ou travailler leurs partiels. Sans parler des activités sportives où le prof donne la consigne puis se plonge dans son téléphone et laisse les enfants se débrouiller sans regarder ce qu’ils font. Pas de feedback, pas d’encouragement alors que c’est ce dont ils ont le plus besoin. Et vous avez beau avertir le club, cela s’améliore quelques semaines puis repart de plus belle.

Vos règles chez vous, ce n’est pas une évidence pour tout le monde

Ca coince aussi quand d’autres viennent chez vous avec leurs propres usages et pratiques sans même poser la question. A l’image de cette amie de ma fille (qui devait avoir 10 ans à l’époque) qui était venue dormir à la maison et avait pris dans son sac sa Nintendo Switch avec l’accord de ses parents. J’aurais aimé que les parents me posent au moins la question en amont. Peut-être n’ont-ils pas envisagé une seule seconde que cela pouvait poser problème et c’était peut-être à moi d’édicter les règles en amont.

Et même si je considère que ce sont nos règles qui s’appliquent à la maison, si nous avons prévu de regarder un film le soir, je vérifie toujours avec les parents qu’ils le jugent bien adapté pour leur enfant. Je ne souhaite certainement pas dépasser les lignes rouges des autres familles et comme nous mettons tous les curseurs à différents endroits, ça a vite fait d’arriver.

Qu’est-ce qu’on fait quand les règles et pratiques des autres dépassent vos lignes rouges ?

En fait pour moi, la véritable difficulté, elle se situe autour de ces lignes rouges : celles qu’il ne faudrait idéalement pas dépasser dans le cadre familial mais aussi à l’extérieur. Et chacun en a sa propre définition. Mes lignes rouges, ce sont notamment les contenus violents, choquants et inadaptés pour des enfants et ados de primaire et de collège.

Or il ne faut pas se faire d’illusion, même si on réussit à éviter qu’ils y soient confrontés chez soi (et encore, on a parfois des surprises), il y a toutes les chances pour qu’ils y soient confrontés d’une manière ou d’une autre, de façon volontaire ou non à l’extérieur.

Il n’y a qu’à voir la question de la pornographie. L’âge moyen de la première exposition au porno est aujourd’hui de 9/10 ans en France (soit l’âge de mon fils, et honnêtement, je n’étais pas prête à aborder le sujet aussi tôt).

Comment faire pour que nos enfants et ados puissent réagir au mieux, aient les bons réflexes dans ce genre de situations ? Parce que c’est inévitable et que nous ne serons pas là pour agir et réagir à l’instant T et qu’ils vont devoir prendre des décisions et devoir gérer cela tout seul même s’ils pourront venir nous en parler après.

Education + dialogue + cadre + limites = la meilleure option ?

Plus je m’informe au sujet des écrans, plus je suis convaincue que ma meilleure option, c’est l’éducation et le dialogue associés à un cadre et des règles. Les laisser libres d’expérimenter certaines choses mais aussi mettre en place un cadre avec certains interdits, leur dire pourquoi je ne souhaite pas qu’ils utilisent tel site, accède à tel réseau social, visionne tels contenus et leur expliquer pourquoi. En espérant qu’au moment voulu, cela leur permettra de gérer cette situation au mieux.  

Souvent, on a du mal à estimer si cela a le moindre impact, si ce ne sont que des paroles en l’air. Puis viennent ces petites victoires où l’on se dit que ça valait vraiment le coup de prendre le temps.

Il y a quelques mois, nous avions inscrit notre fils à un stage de tennis. Le lien avec les écrans et les dangers du numérique ne saute pas aux yeux, me direz-vous et pourtant… Le premier jour, il rentre en nous disant qu’il n’a pas très envie d’y retourner le lendemain. Il nous explique que pendant l’heure du déjeuner, le prof de tennis s’est mis à l’écart dans une autre pièce pour regarder son téléphone et qu’il leur a dit qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient et notamment utiliser la télévision connectée du club. Il y avait une dizaine d’enfants et ados allant de 8 ans à 14 ans. Les plus âgés, ceux qui sont au collège, ont alors proposé de regarder des vidéos TikTok et Fortnite sur la télé du club. Tout le monde a acquiescé, sauf mon fils, qui leur a expliqué qu’il n’avait le droit ni à TikTok ni à Fortnite. Il est vrai que nous avions discuté à plusieurs reprises de ces deux acteurs, notamment avec sa sœur qui nous avait posé des questions parce qu’elle en avait entendu parler par d’autres à l’école. Je leur avais expliqué, que déjà, c’était officiellement interdit au moins de 13 ans et on avait regardé ensemble pour quelles raisons c’était inadapté aux plus jeunes. Mon fils leur a alors suggèré de regarder un tournoi de tennis en direct ou de mettre des vidéos de tennis sur YouTube car après tout, ils étaient en train de faire un stage de tennis. Tout le monde a trouvé l’idée complètement nulle et ils s’en sont finalement tenus à leur plan initial. Mon fils a alors pris la décision d’aller jouer seul à l’extérieur sur le mur de tennis. Puis il m’a avoué un peu gêné qu’il n’avait pas résisté par moments à aller jeter des petits coups d’œil par la fenêtre pour voir un peu ce qu’ils regardaient. Au-delà- du fait que j’ai trouvé son honnêteté hyper touchante, je lui ai expliqué que c’était parfaitement normal qu’il ait eu envie de regarder, qu’il avait eu la bonne réaction et qu’en plus ce n’est jamais facile d’aller à l’encontre du groupe. En tant que mère, j’étais aussi tellement fière de lui et ça m’a reboosté en me disant que tout ce temps passé à communiquer, à expliquer, à éduquer au numérique, ça pouvait sûrement faire la différence.

J’étais d’autant plus heureuse que si on m’avait demandé avant cet épisode lequel de mes deux enfants avait le plus de chances de transgresser nos règles en matière d’écrans et de numérique, j’aurais parié sur mon fils. Parce que c’est lui, qui a, depuis toujours, le plus testé les limites. C’est cet enfant qui, à chaque fois que vous découvrez avec stupeur le résultat d’une de ses brillantes idées, vous répond que vous ne lui aviez pas spécifiquement interdit de le faire. Alors oui, c’est vrai, je ne lui avais pas spécifiquement interdit d’utiliser des billes de différentes tailles et un canon playmobil pour les projeter sur le mur en placo de sa chambre pour voir si cela faisait des trous (et ça en fait !). Je ne lui avais pas non plus spécifiquement interdit de déplacer et retourner tout le mobilier de jardin parce qu’il avait besoin de barricades pour combattre les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pas plus que je ne lui avais spécifiquement interdit de prendre les surplus de carreaux de carrelage qui nous avions stocké au fond du jardin pour les casser en petits morceaux parce qu’il était, ce jour-là, tailleur de pierre au Moyen-âge. Je ne lui avais pas spécifiquement interdit de le faire pour la simple et bonne raison qu’il ne m’avait jamais demandé mon avis avant de se lancer et que mon cerveau n’avait jamais envisagé de tels scenarii.

Je me dis qu’avec lui, j’ai intérêt à être sacrément bien informée sur le numérique et les écrans pour qu’il ne vienne pas me dire ensuite : « Mais Maman, tu ne m’avais jamais dit qu’il ne valait mieux pas utiliser telle app, s’inscrire à tel site ou consulter tel contenu ». Par chance, nous avions déjà parlé de TikTok et Fortnite et il faut croire qu’il avait été suffisamment convaincu par mes arguments (pour le moment…il est probable que la réaction ne soit plus la même quand il entrera vraiment dans l’adolescence).

Autre exemple qui me conforte dans l’idée que l’éducation et le dialogue peuvent faire la différence : Récemment, une amie qui a fait le choix de donner un smartphone à son ado en 6e mais avec un contrôle parental, un interdiction des réseaux sociaux, mais un accès à WhatsApp et beaucoup de discussion et de dialogue me racontait une anecdote qui va aussi dans ce sens. En début d’année, son fils a rejoint le groupe WhatsApp de classe qui avait été créé par certains élèves. Puis au bout de quelques semaines, il a dit à sa mère qu’il avait finalement décidé de quitter le groupe car il trouvait qu’il y avait trop de notifications et trop de dérapages.

Mais bon, il faut être réaliste, ça ne fonctionne pas à tous les coups. Parfois, malgré le cadre, le dialogue, ils vont faire des choses en lien avec le numérique que vous auriez préféré qu’ils ne fassent pas ou pas encore que ce soit à l’extérieur ou même chez vous sans que vous ne remarquiez rien. J’en ai récemment fait l’expérience avec ma fille de 12 ans. Rien de bien méchant heureusement. Mais je suis tout de même contente qu’elle ait choisi de m’en parler même si c’était plusieurs mois après (je n’avais de toute façon rien vu). Elle m’a expliqué avoir été tiraillée entre l’envie de m’en parler peu de temps après et la promesse faite à ses amies de ne pas en parler aux parents.

Quand je regarde autour de moi aujourd’hui et quand je repense à ma propre adolescence où se cotoyaient des styles de parentalité très différents, j’ai toujours ce même sentiment : les ados qui ont les règles les plus strictes et le plus d’interdits vont, comme les autres, enfreindre une partie des règles, mais vont surtout dépenser une énergie incroyable à faire en sorte que leurs parents ne le découvrent jamais.

Bon, sur ce, je vais m’attaquer à la question de la pornographie pour voir comment aborder le sujet avec des pré-ados et ados avant que mon fils ne me dise « mais Maman tu ne m’en avais jamais parlé… ». J’ai déjà repéré quelques livres mais si vous avez des recommandations, je suis preneuse !

Mes lectures du mois

Le retour du débat enflammé autour des jeunes et des écrans en France

C’était LE gros sujet du mois, avec une multitude d’articles, de tribunes et d’injonctions très différentes et tout cela dans un climat pas très apaisé ni très bienveillant. J’essaye de vous retracer ici la chronologie, replacer le contexte et vous résumer tout cela.

Pratiquement un an après la remise du rapport “Enfants et écrans” au président de la République par une commission constituée d’experts issus de la « société civile » pour évaluer les enjeux attachés à l’exposition des enfants aux écrans et formuler des recommandations, beaucoup semblent s’accorder pour dire qu’il ne s’est pas passé grand chose de concret.

Rappelons que le rapport préconisait les choses suivantes :

  • pas d'exposition aux écrans pour les enfants de moins de trois ans,

  • un usage déconseillé jusqu'à six ans, ou limité, occasionnel, en privilégiant les contenus éducatifs avec un adulte,

  • une exposition modérée et contrôlée à partir de six ans,

  • pas de téléphone portable avant onze ans,

  • pas de téléphone portable avec internet avant treize ans,

  • pas d'accès aux réseaux sociaux avant quinze ans,

  • un accès uniquement aux réseaux sociaux « éthiques » après quinze ans.

Quand on regarde les noms des personnalités qui sont intervenues dans cette commission, on constate qu’elle regroupe des experts avec des avis différents sur la question des écrans (à en croire leurs prises de positions publiques et leurs publications sur le sujet) et c’est justement tout l’intérêt de l’exercice. On peut donc supposer qu’ils ont dû faire des compromis, réussir à trouver des terrains d’entente et que les recommandations finales sont le fruit de ce débat et ce sur quoi ils ont réussi à se mettre d’accord. Jusque là, tout va bien.

Sauf qu’à la fin du mois d’avril, la co-présidente de la commission, Servane Mouton a décidé d’envoyer un texte (cosigné par 5 sociétés savantes dont celle de pédiatrie) au gouvernement, qui a été repris ou évoqué dans de nombreux médias et appelant à renforcer les recommandations actuelles. Ce n’est plus “pas d’écran avant 3 ans” mais “pas d’écran avant 6 ans”. On peut retrouver la lettre ici.

S’en est alors suivie une multitude de réactions dans la presse et sur les réseaux sociaux avec d’un côté ceux qui défendent l’idée et en rajoutent une couche et ceux qui considèrent que cette recommandation ne s’appuie sur aucun nouveau fait tangible et que cela ne sert qu’à nourrir une panique morale.

Du côté de ceux qui soutiennent la tribune, on pourra regarder ces articles et émissions :

  • Enfants et écrans : assistons-nous à un désastre sanitaire ? – Radio France

  • Écrans : ces experts qui mettent en garde contre les "dégâts" chez les jeunes enfants - L’Express

  • «Chaque minute devant un écran est une minute volée à l’éveil» : l’alerte de la pédiatre Sylvie Dieu Osika - Madame Figaro

Et du côté de l’autre camp, voici une sélection d’articles parus dans les semaines qui ont suivi :

  • Faut-il vraiment interdire les écrans avant six ans ? Les dessous d'une croisade qui part en vrille – L’Express (du même auteur : Les écrans rendent-ils les enfants bêtes ? De l’importance de contrôler les prédispositions génétiques sur son Blog)

  • Danger des écrans avant 6 ans : ce que dit vraiment la science – Le Figaro

  • Pas d’écran avant six ans : quand le catastrophisme se voit un peu trop – Journal International de Medecine

  • Interdire les écrans aux enfants avant 6 ans ? Même si cela « paraît irréaliste », « il existe des facteurs de protection », dit le psychiatre Serge Tisseron – Le Monde

Et voici un article qui prend en compte les positions des deux camps : “Fait-on du mal à nos enfants de moins de 6 ans en leur montrant des écrans (même un peu) ?” – Sciences et Avenir

Peu de temps après, ce fut au tour des politiques de s’en mêler avec, en premier, Gabriel Attal qui s’est associé au pédopsychatre Marcel Rufo pour faire des propositions sur le sujet :

  • Gabriel Attal et Marcel Rufo : «Il faut interdire l’accès des jeunes de moins de 15 ans aux réseaux sociaux» - Le Figaro

  • Interdictions, rationnement et couvre-feu : quand Gabriel Attal part en guerre contre les "écrans" ! – France Culture

Face à ces propositions, on a pu voir différents types de réactions :

  • ceux qui ne sont pas convaincus et qui pensent qu’il faudrait aller plus loin : « Il faudrait qu’un gouvernement ait le courage d’interdire le smartphone avant 15 ans » - Le Point

  • ceux qui veulent compléter et proposer une approche plus nuancée pour aider les parents à faire la différence entre les différents types de contenus et forcer les acteurs du numériques à proposer des solutions plus vertueuses : Ecrans et enfants : « Nous créons un Nutri-score du numérique » - Les Echos et le site du collectif qui regroupe notamment des experts qui s’expriment régulièrement sur le sujet comme des chercheurs, des professionnels de santé, des acteurs de l’éducation, des acteurs du numérique, etc. https://www.collectif-score-numerique.fr/

Puis ce fut le tour du gouvernement à travers les déclarations de la secrétaire d’état au numérique Clara Chappaz avec des propositions autour de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant un certain âge. La France serait d’ailleurs en train de travailler avec d’autres pays européens sur la question.

  • Pour la ministre chargée de l'IA et du Numérique Clara Chappaz : «Les réseaux sociaux avant 15ans, c’est non» - La Tribune du Dimanche

  • L'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, le cheval de bataille du gouvernement – L’Usine Digitale

  • Les efforts de l'Europe pour empêcher les enfants d'accéder aux médias sociaux s'intensifient - Politico

On signalera aussi la parution de cette tribune de l’Observatoire de la Parentalité Numérique, signée par plus de 300 personnes, qui insiste sur le fait que le spectacle donné par les différents acteurs en présence n’est pas beau à voir et que nos enfants méritent mieux que cela.

Dans la même veine, on trouve aussi un article de l’Observatoire Psycho-Social du Numérique qui résume les différents débats et les différentes positions : Pas d’écrans avant 6 ans ? – L’ Observatoire Psycho-Social du Numérique

La seule personne qui sort finalement grandie (ou du moins indemne) de toute cette histoire, c’est Jonathan Haidt, l’auteur américain du livre Anxious Generation qui n’a pas du tout pris part au débat en France mais qui fait le tour du monde des médias notamment les médias français pour promouvoir son livre (il a d’ailleurs annoncé la parution d’un nouveau livre cette fois-ci destiné aux adolescents pour la fin de l’année). Déjà, il a une personnalité et un discours bien plus consensuels : il ne met pas tous les écrans et tous les usages dans le même panier et surtout, il insiste beaucoup sur ce que les enfants et ados ne font pas ou plus quand ils sont sur les écrans. Pour autant, ça ne l’empêche pas d’avoir des contradicteurs mais leurs voix ne semblent pas vraiment porter au-delà des frontières des Etats-Unis. Je vous conseille de lire les propos de Jonathan Haidt mais aussi des chercheurs américains qui ne sont pas d’accord avec lui, c’est très intéressant. Et surtout, le débat est plus apaisé et il y a, je trouve, plus de respect entre les deux camps.

Quelques publications récentes de Jonathan Haidt sur la question des écrans :

  • « Nous n’entendons plus les enfants rire et crier, parce qu’ils sont seuls avec leurs smartphones enfermés à la maison » - Nouvel Obs

  • L’enfance peut-elle survivre au smartphone ? - BBC (en anglais)

  • La parentalité moderne nuit aux enfants et aux adultes, prévient l'auteur de « Génération anxieuse » - Fortune (en anglais)

  • Oui, les médias sociaux sont vraiment une cause de l’épidémie de maladie mentale chez les adolescents – After Babel (en anglais)

Quelques articles qui remettent en cause les thèses de Jonathan Haidt :

  • Le grand recâblage : les médias sociaux sont-ils vraiment à l’origine d’une épidémie de maladie mentale chez les adolescents ? - Nature (Candice Odgers)

  • Il est probable que les enfants ayant des smartphones aillent bien, et cela peut même être bénéfique. Tampa Bay

J’ai tout de même trouvé un article en France datant de janvier 2025 : "Opposer le monde virtuel au monde réel est une erreur" : la réponse de Séverine Erhel à Jonathan Haidt – Le Point

Autres lectures sur les écrans et téléphones

  • Pourquoi nos ados ne répondent plus au téléphone ? - Femina

  • Mes parents n'avaient aucune idée  : Pourquoi de nombreux natifs du numérique ne donneraient pas de smartphone à leurs enfants – The Guardian (en anglais)

  • Près de la moitié des jeunes préféreraient un monde sans Internet, selon une étude britannique – The Guardian (en anglais)

  • Géolocaliser ses enfants, cette fausse bonne idée qui peut parfois gâcher la vie de famille – Ouest France

  • Ce qui se passe vraiment pour votre enfant quand vous êtes sur votre portable à côté de lui – Madame Le Figaro

  • Ce nouveau smartphone assure la sécurité des enfants : voici comment il les protège sans les couper d’internet - Frandroid

  • The Phone, un téléphone sans Internet pour les ados : voici ce qu’il propose et pourquoi c’est un problème - Frandroid

  • "Ce téléphone est là pour sécuriser les parents" : une startup crée un smartphone pour enfants, sans réseaux sociaux – France 3

  • Pourquoi y a-t-il soudainement autant de « téléphones alternatifs » ? – The Atlantic (en anglais)

  • Non, les patrons de la Tech n'interdisent pas à leurs enfants d'utiliser des écrans. – Le Monde

  • « Maman, tu peux me rajouter du temps ? » : les ados et les négociations pour « gratter » des minutes en plus d’écran – Le Monde

  • Notre obsession pour la technologie est un échec pour nos enfants - Politico

  • Pourquoi interdire aux enfants d'avoir des comptes sur les réseaux sociaux et d'acheter des smartphones pourrait endiguer la haine en ligne – Daily Record (en anglais)

  • Les clubs de jeunes sont-ils une solution traditionnelle à un problème moderne ? – The Irish Examiner (en anglais)

  • Les jeunes passent plus de 5h par jour devant les écrans, l’Arcom tire la sonnette d’alarme – Siècle Digital

  • À quel âge est-on trop jeune pour les écrans ? Harvard Gazette (en anglais)

  • Une approche norvégienne pour soutenir les jeux à risques des enfants – After Babel (en anglais)

  • Malheureusement, la moitié du temps que les enfants passent avec leurs grands-parents est désormais consacrée aux écrans. – Study Finds (en anglais)

Education aux médias, à l’information et au numérique

  • Fausses nouvelles: personne n’est à l’abri, pas même les universitaires – L’éveilleur (Université de Sherbrooke)

  • « Plutôt que d’interdire les écrans, mieux vaut accompagner les jeunes, les parents et les enseignants afin de leur apprendre à les “apprivoiser” » - Le Monde

  • Comment les angles morts et les biais nuisent à nos enfants – Be ScreenStrong (en anglais)

  • « Fake news : il faut éduquer pour ne pas sombrer » - Les Echos

  • Finlande : L’éducation à la citoyenneté numérique – Les Cahiers pédagogiques

  • «Il n’est pas possible d’éduquer aux écrans ; ils sont structurellement conçus pour aliéner l’homme» - Le Figaro

Réseaux sociaux

  • Boostés par les réseaux sociaux, les stéréotypes de genre gagnent du terrain chez les jeunes - Libération

  • Il faut aussi qu’on parle de la radicalisation féminine - Dazed (en anglais)

  • La santé mentale des ados est en net déclin, mais est-ce vraiment dû aux réseaux sociaux ? – Presse Citron

  • Les publicités pour la malbouffe inondent les réseaux sociaux de vos adolescents et influencent ce qu'ils choisissent de manger. ABC Australia (en anglais)

  • Enfermés dans des bulles : Les enseignants expliquent comment les contenus en ligne façonnent les adolescents – RTE (en anglais)

  • Protection Des Mineurs : TikTok Déploie De Nouveaux Outils Pour Les Parents – Blog du modérateur

  • Santé mentale : comment TikTok piège les adolescents dans des spirales toxiques – La Croix

  • Ados et réseaux sociaux : comment ils peuvent préserver leur santé mentale - Psycom

  • "Sur TikTok, on est confronté assez rapidement à la désinformation" : une spécialiste des fake news explique pourquoi ce réseau social leur est propice – France Info

  • TikTok donne aux parents le pouvoir de bloquer l'utilisation de leurs enfants à l'heure du dîner – The Times

  • Pourquoi la santé mentale explose sur TikTok (et pourquoi c’est loin d’être anodin) – Futura Sciences

  • Yope : le réseau social privé qui intrigue la Gen Z (et les investisseurs) – L’ADN

  • Réseaux sociaux : la génération Alpha arrive et vous allez prendre un coup de vieux – L’ADN

  • Thrive, le programme commun des réseaux sociaux pour modérer les contenus est-il vraiment efficace ? – L’ADN

  • Réseaux sociaux : oser être adulte – Les Echos

  • Snapchat nuit aux enfants à une échelle industrielle – After Babel (en anglais)

  • Sur les réseaux sociaux, l’enfer, c’est les autres ? Les nouvelles logiques de surveillance entre adolescents – The Conversation

  • Réseaux sociaux et mineurs : pourquoi la vérification d’âge est-elle si complexe ? – Blog du Modérateur

  • Vérification de l’âge : Meta, Spotify et Snap veulent refiler la responsabilité à Apple et Google – 01Net

  • Vidéos sur TikTok et Instagram : un apprentissage social de la mise en scène de soi – The Conversation

  • Adolescents, médias sociaux et santé mentale – Pew Research Center (en anglais)

Zoom sur la Commission TikTok à l’Assemblée Nationale

  • Commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (vidéos de toutes les auditions - long mais très intéressant) – Assemblée Nationale

  • Faut-il interdire TikTok ? – Radio France

  • Les Effets De Tiktok Sur Les Mineurs. Retour Sur Mon Audition À L’assemblée Nationale – Affordance

Numérique et Education

  • Duolingo : comment l'appli d'apprentissage est devenu un piège à capter l'attention des enfants – L’ADN

  • Esprits Ultra-transformés: la fin de la lecture approfondie et son coût – The Learning Dispatch (en anglais)

Jeux Vidéos

  • Les risques pour les enfants jouant à Roblox sont « profondément perturbants », selon les chercheurs – The Guardian (en anglais)

  • Les Gamers Pourraient-Ils Devenir De (Très) Bons Managers ? – L’ADN

  • Comment les jeux vidéo en ligne transforment la vie sociale des adolescents – The Conversation

Cyberharcèlement

  • Les enfants parlent à des inconnus en ligne - et le harcèlement est en hausse. Voici comment les protéger – The Guardian

IA

  • Les élèves face à l’IA : entre séduction et inquiétudes – Les cahiers pédagogiques

  • Avec Son IA, Wiloki Promet D’apprendre « Trois Fois Plus Vite – Edtech Actus

  • « J’enseigne Avec L’IA ! » : Mickaël Bertrand Partage Ses Cas D’usage – Edtech Actus

  • Avec « GENIAL », les écoles de Haute-Savoie s’initient à l’IA – EdTech Actus

  • Santé mentale : les chatbots exacerbent la solitude et l’isolement social – Usbek et Rica

  • Character.ai propose des rapports pour les parents sur l'utilisation des chatbots par leurs adolescents – The Verge (en anglais)

  • Les géants de l’intelligence artificielle ciblent désormais les enfants – Le Temps

  • L’IA peut nous faire changer d’avis – LinkedIn

Ca se passe ailleurs

  • L'Estonie supprime les interdictions de téléphone dans les écoles et fait un bond en avant dans l'IA – The Guardian (en anglais)

  • La Suède interdit aux élèves d'avoir un téléphone à l'école – The Local (en anglais)

  • En Chine, les enfants de six ans se voient déjà proposer des cours d'IA à l'école afin de former la prochaine génération de fondateurs de DeepSeek - Fortune (en anglais)

  • Utilisation des médias numériques par les enfants d'âge préscolaire en Suisse : résultats de l'étude SWIPE – Jeunes et Médias

  • Une IA remplace les professeurs dans un collège de Londres – EdTech Actus

  • La Nouvelle-Zélande veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans – Kulture Geek

  • L'Allemagne envisage d'interdire les smartphones dans les écoles - DW (en anglais)

Numérique sa mère !

Par Charlotte Weaver

À propos de l’auteur

Une mère de deux enfants/ados dont l’un est en primaire et l’autre vient d’entrer au collège qui se pose mille et une questions sur la parentalité à l'ère du numérique.

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